Dyspepsie berlinoise

Pays le plus peuplé et le plus puissant d’Europe continentale depuis un siècle, mais n’ayant existé comme État national unifié qu’une première fois entre 1871 et 1945, et une seconde depuis 1989, l’Allemagne a connu aussi les plus grandes insurrections prolétariennes en Europe au XXe siècle (Italie exceptée en 1920-1922), puis l’une des plus féroces contre-révolutions, avant de se retrouver « leader » d’une Union Européenne sans cohésion politique ni force militaire.

Comment Berlin, capitale de tous les extrêmes, coupé en deux pendant quarante-quatre ans, épicentre de la Guerre froide, cœur des contradictions et drames du siècle, reconstruit-il son passé ?

La démocratie sous cloche de verre

Le Reichstag, mais surtout sa coupole faite de verre, d’acier et de miroirs, est une des principales attractions touristiques berlinoises. Si l’on en cherche le sens, c’est ailleurs, à l’Eglise Allemande (Deutscher Dom) qu’il est le mieux explicité, car l’édifice a perdu sa fonction religieuse pour abriter une exposition permanente intitulée « Cours, Contours, Détours ». Dans son titre allemand : Wege, Irrewege & Umwege, c’est le deuxième terme qui compte : Dérive, fausse route, aberration…

Toute l’histoire de la démocratie allemande y est résumée depuis les débuts du xixe siècle. Des feuilles d’information en plusieurs langues détaillent la république de Weimar (1918-1933), régime sans majorité, aux partis nombreux (trop nombreux, on nous le fait comprendre), et surtout handicapé par l’affrontement des extrêmes, jusqu’à ce que le nazisme s’impose à un peuple saisi d’une bouffée délirante.

L’après-guerre apporte le remède : démocratie parlementaire stable, bipartisme et gouvernement au centre. Seule allusion à la politique contemporaine, nous lisons que la Loi Fondamentale allemande, en faisant un principe de la règle du « frein à l’endettement », aide l’euro-zone à affronter la crise de la dette. Une bonne gestion de père de famille évitera le retour de la crise des années trente.

Documents et informations, apprenons-nous, sont l’œuvre de chercheurs indépendants, sans approbation officielle. En effet, il n’y en a pas besoin : ils expriment un consensus qui ne se discute même plus.

Après 1933, face à la carcasse du Reichstag incendié, les députés nazis se réunissaient dans un opéra aujourd’hui disparu.1 Depuis 1999, la coupole détruite a été remplacée par un dôme transparent qui surplombe le cœur du parlement. Non seulement le visiteur profite d’un panorama à 360° sur l’ensemble de la ville et le quartier gouvernemental, mais le citoyen, d’en haut, a tout loisir d’observer les débats de ses représentants. La démocratie se veut maison de verre, à la façon de la boule garnie de poudre blanche que l’enfant secoue pour se donner l’illusion d’une brève tempête de neige.

Génocide désincarné

Au centre de Berlin et à deux pas de la porte de Brandebourg, le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe, souvent appelé Mémorial de l’Holocauste, est à la fois l’un des principaux symboles de la façon dont l’Allemagne (di)gère le passé génocidaire nazi, et un haut-lieu touristique.

Villégiature et intelligence historique font rarement bon ménage.

Le monument se compose de stèles, 2 711 blocs de béton irrégulièrement disposés sur une surface creusée en son milieu, de plus en plus hauts à mesure que l’on s’avance dans ce qui ressemble à un labyrinthe au sol affaissé, jusqu’à donner l’impression de marcher sur un vide. La désorientation physique qui en résulte vise à susciter un malaise affectif et une confusion d’esprit, conduisant à assimiler le nazisme à un régime de déséquilibrés, un ordre incohérent, une oppression à la fois inouïe et si absurde qu’elle échapperait à l’entendement humain.

Contrairement à la plupart des stèles habituelles, celles-ci ne portent aucune inscription. La signification du lieu est-il si connue qu’il soit superflu de l’indiquer, ou tellement impensable qu’on ne sache quoi en dire ? Ce qui domine, c’est l’invitation au deuil, quoique rien ici ne ressemble à un cénotaphe, le symbole de mort restant volontairement obscur. Dans le dédale mental de ces monolithes, il est facile d’oublier de quoi il s’agit. Alors, quand des enfants sautent d’une stèle à l’autre et jouent à cache-cache tandis que des ados en riant prennent des selfies, un ou deux préposés interviennent pour rappeler calmement à la dignité du lieu.2

Des critiques ont fait valoir qu’un tel mémorial évoque des victimes sans s’adresser aux responsables, et qu’il sert avant tout aux Allemands contemporains à assimiler ce qu’a fait l’Allemagne autrefois. Ces critiques ont raison, mais tort d’en avoir espéré davantage : tout rituel ou tout monument funéraire est destiné à ceux qui l’ont conçu, et non aux morts.

Originellement, le concepteur du lieu entendait que son œuvre se suffise à elle-même. Mais à lui seul, le labyrinthe était le signe trop voyant d’un renoncement à expliquer – option politiquement inconcevable. Après débat, l’architecte a dû accepter un compromis : sa création a été complétée d’un Centre d’Information, invisible depuis les stèles car installé sous la surface. La compréhension historique exige de descendre sous terre, ce que beaucoup de visiteurs ne font pas, d’autant moins que si l’accès au Mémorial est gratuit et ouvert nuit et jour, l’entrée du Centre est payante.

Entre 1939 et 1945, 6 millions de Juifs ont été tués, non pas à cause du conflit militaire, comme tant d’autres victimes civiles d’une guerre (« collatérales », dit-on aujourd’hui), mais parce qu’un régime avait décidé d’exterminer les Juifs d’Europe.

Reste à comprendre le pourquoi d’un génocide sans équivalent historique. A supposer que le visiteur se fabrique son explication, il en conclut à une folie collective, une épidémie criminelle analogue à une catastrophe naturelle. Décrire des effets sans causes, c’est dépolitiser, dés-historiciser. Ce qui se voulait la plus grande installation d’art abstrait d’Europe a vidé de sa substance un des événements majeurs du XXe siècle. L’histoire est déréalisée.

Quand la bourgeoisie fait l’éloge de l’émeute

Près de la Leipziger Strasse, une fresque réaliste-socialiste en céramique de 1952 montre des enfants et adultes aussi sages au travail que joyeux dans le loisir, ravis de construire l’État ouvrier et paysan. Soixante ans plus tard, le passant s’en choque moins qu’il ne s’amuse d’une telle naïveté dans l’endoctrinement. De l’autre côté de la rue, les affiches de publicité lui adressent une image de fête et de bonheur qui n’est pas si différente, usines en moins bien sûr, la publicité marchande se distinguant de la propagande bureaucratique en ce qu’elle évite de parler du travail, surtout ouvrier. Le passant peut même penser que le bien-être promis par ces affiches n’est pas si mensonger qu’on le dit, car il suffit d’un peu d’argent pour acheter les produits offerts à sa vue, contrairement à la fallacieuse prospérité socialiste-stalinienne, avec ses magasins vides mais sa Stasi omniprésente.

Or, nous l’apprennent des photos disposées à quelques mètres de la fresque, c’est en ce lieu qu’a éclaté le 16 juin 1953 la révolte des ouvriers du bâtiment de la Stalinallee contre l’augmentation des normes de production, déclenchant dans toute la RDA une suite de grèves et de manifestations contre le régime dictatorial, réprimés militairement au prix de dizaines de morts.3

Au XXIe siècle, sur presque tous les continents, l’intensification du travail et l’aggravation des conditions de vie provoquent grèves et émeutes, soldées chaque mois par des blessés, des morts et des emprisonnements. Si la révolte de 1953 est aujourd’hui officiellement rappelée, commémorée et valorisée, ce n’est pas seulement parce qu’elle était alors exploitable par un camp contre un autre : mais avant tout parce que des décennies plus tard le monde capitaliste peut prêter à l’insurrection ouvrière de Berlin-Est un sens, un sens démocratique, en l’interprétant comme la revendication d’un travail libre et d’élections libres.

Le Mur a la parole

L’attraction n° 1 de Berlin, c’est un absent : le Mur.

On en parcourt les restes sur plus d’1 km le long de la Bernauer Strasse. Là, de minces colonnes de métal matérialisent le mur démoli. Ailleurs, on a reconstitué le chemin de ronde et les pylônes d’éclairage. Le visiteur marche et s’arrête devant les souvenirs qui « parlent » : des photos, des portraits de fugitifs, de morts ou de rescapés… Il est plus facile de mettre un nom sur quelques centaines de victimes identifiables que sur plusieurs millions de Juifs disparus sans sépulture : ici, à défaut d’intelligence historique, l’émotion trouve à quoi se raccrocher.

A celui qui se demanderait pourquoi et comment un pays comme la RDA a pu exister, la réponse – implicite et explicite – proposée est finalement assez simple. Ce régime, laissent entendre textes et illustrations, est né sous la pression russe, elle-même expliquée par la tentative, dès 1917, de donner vie à une utopie (initialement généreuse peut-être, mais inévitablement meurtrière), donc, là encore, par un déficit de démocratie.

Passerelle Rosa Luxemburg

Orwellienne, la RDA devait changer les noms quand changeaient ses dirigeants. La déstalinisation avait rebaptisé Karl-Marx Allee la Stalinallee. La démocratie, elle n’exclut pas (en tout cas, pas systématiquement), elle intègre : la réunification allemande a laissé à cette énorme artère, vitrine de l’architecture bureaucratique et théâtre des défilés militaires est-allemands, son appellation de Karl-Marx Allee.

La plus grande rue de Neukölln s’appelle Karl Marx Strasse, et le Karl Marx Forum est une vaste place proche du centre historique et du Berlin royal et impérial.

Certes, le père fondateur du communisme peut passer pour inoffensif cent cinquante ans après sa mort. Mais l’Allemagne bourgeoise honore aussi aujourd’hui à sa façon les révolutionnaires qui l’ont combattue au XXe siècle et dont elle s’est débarrassée en les assassinant. Karl Liebknecht a droit à une longue et très large avenue, et Luxembourg à sa rue, sa statue, sa station de métro, et sa passerelle sur le Landwehrkanal, là où son cadavre a été jeté le 15 janvier 1919.

Sous la RDA, Ernst Thälmann avait son parc. Il l’a gardé. Il était en effet chef du KPD, mais également martyr, car emprisonné en 1933 et exécuté par les nazis en 1944. Si Thälmann avait vécu (et survécu en URSS aux purges staliniennes des années trente) avant de devenir après-guerre chef de la RDA, l’Allemagne réunifiée n’aurait évidemment pas célébré un dictateur. On imagine mal une rue Walter Ulbricht, dirigeant de fait de la RDA de 1949 à 1971.

Berlin peut se permettre de commémorer le socialisme/communisme (la différence étant de moins en moins perceptible) dans la mesure où il a échoué : soit qu’il ait été brisé en 1919 par la répression qu’un siècle après on déplore, soit qu’il ait fini par s’autodétruire en RDA sous le poids de ses propres contradictions, symbolisées par les logements modèles de la Karl-Marx Allee, restes d’une aspiration fausse à une égalité fallacieuse, la seule égalité supposée vraie n’étant accessible que grâce à la liberté marchande.

Se souvenir, c’est aussi oublier, ce qui impose de faire le tri. Si Friedrich Ebert (chef socialiste du gouvernement qui a appelé les corps-francs à écraser les spartakistes en 1919) a son artère, on ne trouve pas à Berlin de rue Gustav Noske : en charge des questions militaires en 1919-1920 et directement responsable de la répression et des massacres, Noske demeure une figure emblématique tout de même gênante de la contre-révolution social-démocrate. Autant ne pas se souvenir de celui qui a fait le sale boulot.

Minimiser les ruptures historiques aide à recoller les morceaux. Non seulement le capitalisme dit de marché a réabsorbé le capitalisme dit bureaucratique, mais l’Allemagne a vu sur son sol l’apogée social-démocrate (le SPD, longtemps plus important parti du travail au monde) et le triomphe stalinien dans une métropole industrielle (la RDA). La division RFA/RDA symbolisait la grandeur et la faillite d’un mouvement socialiste coupé en deux. Depuis 1989, l’Est a fini par rejoindre l’Ouest, et « socialisme » ni « communisme » n’existent plus.4

Le gratte-ciel comme idéologie

Pauvre en vestiges médiévaux, renaissants ou baroques, Berlin a un air de ville neuve. Vers 1600, on y comptait environ 10 000 habitants, bien peu comparé aux 150 000 Londoniens. Il n’y a pas ici de vieille ville, bombardée puis reconstruite après 1945. Et c’est précisément cela qui fait apprécier cette capitale: malgré une abondance de musées, Berlin n’a aucun risque d’être perçu comme une « ville-musée ». On vient y visiter le monde d’aujourd’hui, voire de demain.

Qu’elle recoure à la pierre, la brique, le bois, l’acier, le verre ou le plastique, l’architecture a toujours exprimé des rapports sociaux qui sont aussi des rapports de force.

Au XIXe siècle et au début du XXe, la bourgeoisie a repris les styles décoratifs de l’aristocratie et des princes en renouvelant leurs thèmes, non plus religieux et élitistes, mais populaires, humanistes, éducatifs, nationaux et progressistes. Puis, le capitalisme et la bourgeoisie étant fermement en place, la construction se suffit à elle-même : la fonction dit le message, l’idéologie devient implicite, comme le théorise le Bauhaus. Le film Metropolis (1927) aligne des bâtiments quasiment dépouillés de décoration extérieure, immenses façades nues simplement ornées d’enseignes lumineuses : la marchandise parle.

Né de la réunification, l’ultra-moderne « Quartier des ambassades » n’a pas d’équivalent à Paris ou à Londres. On connaissait déjà des bâtiments portant le nom d’une grande entreprise, tel le Chrysler Building à New York (1930), le plus haut édifice jusqu’à la construction de l’Empire State. Berlin compte maintenant un Sony Centre et un Quartier Daimler-Chrysler. Dans un monde dominé par les entreprises, il est naturel que sur presque tous les continents, au Moyen Orient et en Asie notamment, des banques, des compagnies pétrolières et des promoteurs immobiliers donnent leur nom, leur « raison sociale », à des gratte-ciels.

La politique dissoute dans la culture

Berlin se présente comme capitale mondiale du tout-culturel, de la décomposition de la question sociale dans « le sociétal ». Il est vrai qu’on y trouve la plus grande liberté de circulation individuelle urbaine (le pays exportateur de Mercedes, d’Audi et de BMW s’offre le vélo-roi dans sa capitale), la plus grande fête techno-musicale (1,5 million de participants à la Love Parade en 1999, institution suspendue depuis 2010 et la mort de 21 personnes piétinées dans un mouvement de foule), ainsi que la plus grande liberté sexuelle (500 000 gays et lesbiennes, dit-on, pour 3,5 millions de Berlinois : comment le sait-on ? qui est homo ? qui est hétéro ? peu importe, ce qui compte c’est de pouvoir y croire).

L’histoire a cessé d’être pensée comme composée de tensions et de ruptures : c’est un lieu que l’on visite. Il n’y aurait plus de divisions, plus de classes, rien qu’un peuple (allemand et planétaire) enfin réconcilié avec lui-même, le présent ayant soumis tous les passés. On vient voir les restes (ou les signes indéchiffrés) du temps, des années 1920-1930 au totalitarisme est-allemand en passant par le génocide des Juifs, pour finir avec l’intégration de la RDA dans la RFA. L’histoire est comme annulée, il n’y a plus d’ailleurs, seulement un infini présent.

Sans doute, il en va de même de toute métropole moderne, mais Berlin, cœur du « Mal », puis divisé, maintenant centre de l’Europe post-totalitaire, a plus de contradictions à apaiser. Le nazisme demeure un scandale (« Comment la démocratie a-t-elle pu se suicider au pays de Goethe ? »), le totalitarisme stalinien une horreur. Berlin absorbe les scandales d’un XXe siècle dont cette ville a été le foyer des drames.

Paris-Berlin

L’image du passé est un produit du présent.

En France, il faut aller en banlieue parisienne pour lire le nom de Babeuf sur une plaque. On chercherait en vain une rue Robespierre à Paris. Saint-Just a droit à une artère mineure coincée entre le périphérique et le boulevard des maréchaux. En 1989, l’élite dirigeante française n’a pu s’entendre sur le sens de 1789. Plus qu’une querelle d’historiens, les débats sans conclusion reflétaient une division de la bourgeoisie sur la Terreur, la nation, la république et la façon de gérer hier les conflits de classe, et au bout du compte sur les formes politiques les mieux adaptées à sa domination aujourd’hui. Les révolutionnaires de 1793 font peur aux bourgeois français bien en place deux siècles plus tard. Si les subversifs de jadis font moins peur outre-Rhin, cela ne renvoie pas seulement à un dynamisme économique, mais aussi à une capacité à concilier les classes, qui permet un consensus sur les leçons à tirer de l’héritage historique du pays. A l’infamie nazie et au désordre bureaucratique succède l’ordre démocratique. A Berlin, le passé s’accorde au présent.

Mais l’histoire n’est pas terminée

Berlin n’a d’exceptionnel que de personnifier un concentré des conflits, des espoirs et des tragédies du XXe siècle.

Mais les « récupérations » n’ont qu’un temps. Le folklore tout-culturel aussi. Nous ne vivons pas dans un monde de fiction : une conjoncture nouvelle, une rupture historique effacera ce qu’il est convenu d’appeler muséification, patrimonialisation ou présentisme. Aucune pacification sociale n’est définitive. L’obsession festive a d’ailleurs ceci de bon qu’elle révèle la dyspepsie d’un monde qui doit s’étourdir pour oublier : la capitale de l’Europe bourgeoise digère mal un passé trop lourd.

En tout cas, pour nous, pas de commémoration, pas de culte des grands événements, pas de mémoire à entretenir, pas plus celle des spartakistes que des communards.

Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour se dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution du XXIe siècle laissera les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet.

G.D., février 2017

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Notes :

1 Sur l’incendie du Reichstag : Pénélope, « Oui, le Reichstag brûle ! L’acte individuel de Marinus Van der Lubbe », Subversions, n° 3, août 2013, p. 48-60 et Marinus van der Lubbe, Carnets de route de l’incendiaire du Reichstag, Gallimard, Verticales, 2003, 304 p.

2 Au cimetière juif de Prenzlauer Berg (lieu d’inhumation de 1880 à 1970), par contre, le visiteur est rare. Sans doute parce qu’on n’y trouve ni « dispositif scénique » ni « installation artistique ».

3 Sur 1953 voir : Alberto Vega, « Signification de la révolte de Juin 1953 en Allemagne orientale », Socialisme ou Barbarie, n° 13, 1954.
Le « monde libre » laissa les Russes réprimer la révolte ouvrière et populaire, comme il abandonna les Hongrois à leur sort en 1956, puis ne fit rien pour empêcher la construction du Mur en 1961. Des deux côtés du « Rideau de fer », la stabilité des régimes avait priorité.

4 Le musée installé à Trèves dans la maison natale de Marx illustre la scission entre les deux voies historiques du mouvement ouvrier, terminée en 1989 par disparition des deux protagonistes. En RFA, le capitalisme dit rhénan incarnait le partage du pouvoir politique entre la bourgeoisie et les organisations représentant le travail, cogérant ensemble une économie partiellement nationalisée. La RDA mettait en œuvre un industrialisme d’État dirigé par un parti unique. Aucune force politique influente ne soutient aujourd’hui l’un ou l’autre de ces programmes.

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