Federici contre Marx

Jean Seberg et DDT21Caliban et la Sorcière1 présente un intérêt indéniable : une analyse des mouvements sociaux et de la crise de l’Europe médiévale, une mise en lumière de la dimension sexuelle et du traitement des femmes dans la formation du capitalisme, le rôle de la machination des corps masculins et féminins, notamment. Mais ce livre expose aussi une vision du passé et du présent capitalistes aussi critiquable que la perspective politique qui en découle.

Les origines du capitalisme selon Silvia Federici

Nombre de lecteurs trouvent dans Caliban et la Sorcière un enrichissement du Capital, précisément de sa VIIIe section. Federici écrit :

« Ma description de l’accumulation primitive comprend […] un ensemble de phénomènes historiques absents chez Marx et qui ont pourtant été très importants pour l’accumulation capitaliste. Ce sont : (1) le développement d’une nouvelle division sexuée du travail assujettissant le travail des femmes et leur fonction reproductive à la reproduction de la force de travail ; (2) la construction d’un nouvel ordre patriarcal, fondé sur l’exclusion des femmes du travail salarié et leur soumission aux hommes ; (3) la mécanisation du corps prolétaire et sa transformation, dans le cas des femmes, en une machine de production de nouveaux travailleurs.» (p. 20)

Mais on se tromperait en ne voyant là que des lacunes (graves voire rédhibitoires pour les uns, mineures pour d’autres) que l’auteur s’emploierait à combler. Federici fait beaucoup plus : son analyse de l’accumulation primitive n’exprime rien moins qu’une conception du capitalisme en définitive opposée à celle de Marx.

Pour expliquer la naissance du capitalisme, elle privilégie l’oppression spécifique subie par des groupes sociaux, les femmes en particulier. Là est son sujet d’étude, et son apport, mais l’auteur ne s’en tient pas là. Car elle donne la prééminence à certains facteurs et en déprécie d’autres :
Au XVII
e siècle, on évaluait le coût du travail dans les manufactures de coton aux Indes à 1/7e de ce qu’il était en Europe. La Compagnie des Indes Orientales importait et revendait en Europe de tels volumes de tissus indiens que les industriels anglais du textile, incapables de résister à cette concurrence, réclamaient des droits de douane protecteurs.2 Mi-XIXe siècle, la moitié des cotonnades produites dans le monde venaient du nord de l’Angleterre, et les observateurs s’émerveillaient ou s’effaraient autant de l’essor de Manchester, surnommé Cotonnopolis, que nos contemporains devant la zone de Shenzhen ou Shanghai aujourd’hui. Pendant ce temps, « les os des tisserands blanchissent les plaines de l’Inde »3

Comment, en deux siècles, les bourgeois anglais avaient-ils renversé le rapport de force ? En abaissant le coût du travail dans leur pays. Même militairement, la supériorité européenne ne devient effective qu’au XIXe siècle, grâce à la révolution industrielle qui donne pour longtemps à l’Occident l’avantage des armes, lequel suppose l’avènement de la manufacture et du salariat modernes. Les causes historiques du processus sont multiples. Parmi elles, la dépossession – notamment la relégation des femmes au foyer – est une condition nécessaire et non suffisante. Le fait décisif, c’est la mise au travail productif.

Au contraire, pour Federici, sans le travail « mythifié » (escamoté, invisible) des femmes, pas d’accumulation possible, pas de capitalisme qui tienne. Loin de compléter Le Capital, l’explication de l’accumulation primitive exposée dans Caliban et la Sorcière en est aux antipodes, et avance une tout autre définition du capitalisme.

Le capitalisme selon Silvia Federici

Caliban et la Sorcière : beau titre, qui résume la thèse : le capitalisme se serait bâti sur l’esclavage et la subordination des femmes et depuis, sous d’autres formes, c’est ainsi qu’il se perpétuerait. Dans ce tableau, l’esclave et la femme occupent une place plus importante que l’ouvrier ou l’ouvrière, et l’ouvrière un rôle plus crucial par son rôle à la maison que par celui qu’elle tient dans l’atelier. Dépossession et dissolution des pratiques communes auraient priorité chronologique et logique sur le travail salarié proprement dit, qui n’en serait qu’un effet. D’une condition historique nécessaire, Federici fait la nature profonde du capitalisme.

La priorité accordée à l’esclavage et à la subordination des femmes ne correspond pas aux faits. L’esclavage commence à prendre fin au moment où se développe l’industrialisation, et l’Angleterre, cœur de la révolution industrielle, est l’un pays des plus actifs dans l’abolition de la traite puis de l’esclavage qui, s’il existe encore, est devenu aujourd’hui très marginal.4 Quant à l’inégalité sexuelle, sans disparaître, elle décline dans les pays les plus modernes. Tout en continuant à discriminer les femmes, le capitalisme en inclut de plus en plus dans le monde du travail, y compris dans les emplois traditionnellement masculins, et à des postes dirigeants. Que le capitalisme n’émancipe pas la femme, c’est certain, mais des systèmes sociaux, c’est celui où il semble y avoir le moins d’inégalité entre femmes et hommes.

L’analyse historique de Federici repose sur un présupposé. S’il lui faut situer l’émergence du mode de production capitaliste à la charnière de Moyen Âge et de la Renaissance, donc avant la révolution industrielle, c’est qu’elle voit la naissance du capitalisme dans l’exclusion des femmes du travail, du travail dit productif, valorisé, et leur relégation dans la sphère « reproductive » autour des XVe-XVIe siècles, puis dans le travail d’usine le moins payé.

L’auteur entend comprendre le salariat, non à partir de ce qu’il est, mais de ce qui lui est extérieur et qui le rendrait possible, méthode pour elle justifiée par son traitement de la reproduction, concept tout à fait pertinent mais qui perd sa pertinence quand on l’étend à tout, en mêlant reproduction de la population, du capital à travers ses cycles, du rapport capital/travail salarié, et la reproduction de toute la société.

« […] les femmes ont produit et reproduit la marchandise capitaliste la plus essentielle : la force de travail […] le travail domestique non payé des femmes a été la fondation sur laquelle l’exploitation des travailleurs salariés, « l’esclavage salarié » a été bâtie, et le secret de sa productivité. » (pp. 10-11)

Qu’est-ce finalement pour elle que le capitalisme ? Dépossession et contrainte. De même que le mouvement des enclosures privait les paysans des moyens de subsistance, les femmes étaient dépossédées de leurs savoirs et savoir-faire traditionnels. Mais cette condition indispensable ne donne pas la définition du capitalisme.

Le travail selon Silvia Federici : la théorie du travail « reproductif »

Caliban et la Sorcière a été écrit pour prouver historiquement une thèse. La première version (1984) « s’efforçait de repenser l’analyse marxienne de l’accumulation primitive dans une perspective féministe » (p. 12). Dans la seconde (20o4), désormais disponible en français, Silvia Federici explique vouloir « fonder théoriquement et historiquement l’idée que le travail domestique n’est pas l’héritage ou le résidu d’une ère précapitaliste, mais une activité spécifique dont les rapports sociaux ont été forgés par le capital. […] le travail ménager, le travail domestique et l’ensemble des activités complexes via lesquelles la vie est reproduite, constituaient en fait un travail essentiel dans l’organisation capitaliste de la production. […] [il s’agit du] travail le plus productif au sein du capitalisme. Sans ce travail, aucune autre forme de production ne serait possible. […] Nous voulions montrer qu’il s’agissait d’un travail central […] »5

« […] un des apports majeurs de la théorie et de la lutte féministe est de redéfinir le travail, et de reconnaître le travail reproductif non payé des femmes comme une source déterminante de l’accumulation capitaliste. En redéfinissant le travail ménager comme TRAVAIL […] les féministes ont mis à jour un nouveau terrain essentiel d’exploitation complètement ignoré par Marx et la théorie marxiste. »6

Cette position fut une des bases de l’Autonomie et du féminisme radical italiens des années 1960-80, exposée dès 1970 par Revolta femminile dans son Manifeste :

« Nous identifions dans le travail domestique non rétribué la prestation qui permet au capitalisme, privé ou d’État, de subsister. »7

Selon cette thèse, le travail domestique fait baisser le coût de la force de travail : si l’ouvrier devait dîner au restaurant ou acheter des plats tout préparés, porter son linge à la laverie, etc., il dépenserait plus que si une femme fait chez lui et pour lui cuisine, lavage, etc. Grâce à l’activité non payée de cette femme, le patron réaliserait donc une économie. D’où l’idée de considérer cette activité comme un travail dont profite gratuitement le capital qui y trouve une de ses sources vitales et permanentes de valorisation.

Si c’était vrai, l’ouvrier (ou l’ouvrière) célibataire coûterait plus cher et le patron devrait le (ou la) payer davantage que l’ouvrier (ou l’ouvrière) vivant en couple. Ce n’est pas le cas. Il est odieux que le mari se mette les pieds sous la table, mais une famille n’est pas assimilable à un atelier d’usine. On peut appeler beaucoup de choses travail, mais le seul qui reproduit du capital est le travail salarié effectué pour une entreprise.

Que les tâches ménagères soient également partagées (cas le moins fréquent), ou que le mari « profite » de sa femme, cela ne change rien à la reproduction du capital, car nous n’avons pas affaire ici à un profit d’entreprise. Le couple n’est d’ailleurs que l’une des diverses formes d’existence du salarié, homme ou femme, qui peut vivre en famille, seul(e), en dortoir, en immeuble où cohabitent couples et célibataires, etc. Des hommes, voire des robots, effectueraient-ils les corvées quotidiennes que le profit du patron n’en serait pas modifié. Le travail domestique féminin n’est pas une structure nécessaire sans laquelle le capitalisme ne saurait exister.8

Au fond, Federici dédouble la théorie de la valeur : la plus-value ne résulte plus seulement du travail productif en entreprise (fait traité par Federici comme un acquis auquel elle n’accorde qu’un rôle secondaire), mais aussi (et surtout) du travail ménager.

Tout réside dans le glissement des mots, en particulier production et reproduction.

« La production de plus-value est d’emblée sociale. Ce n’est jamais le produit d’une activité ou d’une personne en particulier. […] la production de valeur n’est jamais exactement le fait d’une unité sociale particulière, elle est un produit social. En d’autres termes, on peut se figurer une grande chaîne d’assemblage à l’échelle de la société, dont tous les maillons sont nécessaires pour produire la plus-value. Il existe une usine sociale qui va bien au-delà de l’usine elle-même. […] pour les femmes, la maison constitue l’usine, c’est là le lieu de la production. En cela, nous entendons bien être payées à ce titre. »9

« […] le corps a été pour les femmes dans la société capitaliste ce que l’usine a été pour les travailleurs salariés […] » (p. 28).

Les femmes produisant les enfants sans lesquels il n’y aurait ni société ni capitalisme, elles se voient attribuées par cette théorie un rôle productif au même titre que tout facteur de (re)production sociale, et en fait un rôle déterminant. Reproduction englobe tout et chacun, le capital, les classes, la population, la force de travail, la bourgeoise, le et la prolétaire… concept utile mais, contrairement à ce que croit Federici, toute reproduction n’est pas « source de création de valeur » (p. 10). Son raisonnement par analogie fonctionne par extension systématique des concepts : elle élargit le surtravail (la part de la journée de travail au-delà du travail nécessaire à la reproduction de la force de travail, donc part « gratuite » et origine du profit patronal) au « travail ménager non payé ». Production, travail, exploitation, valeur, salariat, chaque fois le concept est distendu au point de recevoir tous les sens possibles : tout est exploitation, tout est travail, tout crée de la valeur.

Tout, mais d’abord le travail « reproductif » féminin. Ce que veut démontrer Caliban et la Sorcière à l’aide de ces glissements, c’est que le mode de production capitaliste repose sur la subordination des femmes. Federici féminise le marxisme, c’est sans doute ce qui plaît.

Le « salaire ménager », slogan politique

Si un mouvement social était assez fort pour obtenir que les femmes soient d’une façon ou d’une autre payées pour leur activité domestique, on s’en réjouirait comme du succès de toute revendication améliorant la condition du prolétaire, femme ou homme. Mais les défenseurs du « Salaire pour le travail ménager » ne s’en tiennent pas là.

Pour certains, le paiement du travail domestique était un mot d’ordre radical. Les autonomistes italiens cherchaient ce qui, mieux que les revendications salariales stricto sensu, unifierait et mobiliserait toutes les catégories d’exploités au-delà du « monde du travail ». Militer pour le « salaire politique », c’était demander que soit payé le chômeur, la ménagère, le lycéen ou le malade comme l’est le travailleur avec emploi. Face à un capitalisme qui ne donne de moyens de vivre qu’à la minorité qu’il salarie, cette revendication était censée révéler l’absurdité du capitalisme : celui-ci étant incapable de satisfaire pareille demande, la pression sociale pour l’obtenir ferait éclater le système. Inventer le levier qui soulèvera les masses est une constante du comportement militant… vouée à l’échec. Car si des millions descendaient dans la rue pour exiger d’être rémunérés, c’est qu’ils et elles en seraient déjà au-delà de demander de l’argent pour tous, et commenceraient à poser la question : comment passer à un monde sans argent ?

Pour d’autres, salarier les non-salarié(e)s s’inscrivait avant tout dans un combat féministe, parfois radical, parfois réformiste, comme celui de Selma James, qui agit depuis longtemps auprès de l’ONU et des gouvernements afin d’obtenir la reconnaissance officielle et le paiement du travail domestique.10

Silvia Federici théoricienne des « communs »

Caliban et la Sorcière expose un programme politique. Federici établit explicitement le lien entre sa vision de l’histoire et son appui aux théories des « biens communs ». Pour elle, la résistance des « communs » contemporains contre la mondialisation renoue avec la lutte des « communs » autrefois brisés par les enclosures.

Un des objectifs de Caliban et la Sorcière est de restaurer le rôle de la violence dans l’histoire, sous-estimée chez Marx selon Federici : dans la transition au capitalisme, la force et la contrainte auraient été plus décisives que la capacité de la bourgeoisie à organiser les forces productives : « la violence elle-même devient la principale force productive » (p. 30). (Nous dirions plutôt que la violence était au service de cette transformation historique.) Ce qui sous-tend le livre, c’est le postulat que l’évolution humaine serait avant tout affaire de pouvoir, soit d’emprise des uns sur d’autres, soit au contraire d’auto-organisation collective, et donc que le changement social consiste à créer ou recréer de nouveaux lieux et formes de pouvoir. Qu’importe la nature profonde du capitalisme : pour peu qu’il soient gérés collectivement l’argent, le travail ou la valeur changeraient du tout au tout.

Si le capital est contrainte, il suffit pour en sortir d’agir librement.

Si le capital est dépossession, réapproprions-nous ensemble ce qui existe, et cette repossession commune transformera ce qui existe. 11

Quand Federici parle de classe, la notion est tellement élastique qu’il n’existe plus de prolétaires, seulement six milliards de commoners, c’est-à-dire d’êtres humains opposant au capitalisme (mais quel sens reste-t-il à ce mot ?) leurs solidarités et leurs besoins collectifs. La révolution est remplacée par l’alternative, supposée déjà partout à l’œuvre sous la poussée de pratiques communautaires anciennes non encore englobées par le capitalisme, ou qui lui échapperaient grâce à des formes de travail nouvelles (logiciels libres, mutualisation…).

Dépassement du marxisme ?

Si le marxisme a été la théorie du mouvement ouvrier affirmant le travail dans le capitalisme, soit en cogestion avec la bourgeoisie (version social-démocrate), soit en remplacement de la bourgeoisie (version léniniste), le marxisme s’est trouvé disloqué dans les années 70 sous le choc du refus du travail par des prolétaires, certes minoritaires mais déterminés. De cette crise théorique, nous ne finissons pas de subir les effets. La secousse sociale d’alors a révélé les carences de la pensée révolutionnaire sans avoir la force de les dépasser, et n’a pu que faire des brèches dans des certitudes dépassées.

Silvia Federici fait partie du large éventail de demi-critiques qui depuis prospèrent sur ces carences, notamment sur ce qui inévitablement manque chez Marx. L’auteur du Capital insistait sur le fait essentiel de l’accumulation primitive: la séparation du producteur d’avec les moyens de production. Il négligeait la femme, la sexualité, la rationalisation et la mécanisation de la nature comme de la société, la dépossession du corps, le rôle du langage, le traitement des animaux…12

Il y a une critique de Marx à faire. On ne peut pas l’attendre de Federici qui prolonge l’une des expressions les plus faibles de la profonde contestation sociale des années 70 en Italie. Au lieu de creuser ce qu’il entendait par travail, et notamment de revenir au début du Capital13, les féministes de l’Autonomie ont dilaté le concept pour exiger une reconnaissance de la femme comme travailleuse. C’est-à-dire d’être un vrai travailleur, comme l’ouvrier (homme), qui est vraiment salarié, vraiment exploité, comme si c’était un privilège ou un titre de noblesse d’être un sujet révolutionnaire. En guise de critique du travail, on le généralise, croyant sans doute que revendiquer pour tous la condition de travailleur allait faire sauter le travail. Faute de pouvoir critiquer l’usine, on l’élargit à la société, on la voit aussi à la maison. C’était une limite de l’époque, et la vogue actuelle de Silvia Federici laisse penser que cette époque n’est pas achevée.

G.D., octobre 2015.

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1 Silvia Federici, Caliban et la Sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, coédition Senonevero-Entremonde, 2014. Les numéros de page renvoient à cet ouvrage.

2 J. Darwin, After Tamerlan. The Rise & Fall of Global Empire 1400-2000, Bloomsbury Press, 2008, chapitres 3 et 4.

3 Le Capital, Section IV, chap. XV, § 5.

4 O. Petré-Grenouilleau, Les Traites négrières. Essai d’histoire globale, Gallimard, 2004.

6 Silvia Federici, extrait de Precarious Labor and Reproductive Work, 2006 (caring labor: an archive, 2010. Le sous-titre du site (Power to the caregivers and therefore to the class) en livre le programme politique : la classe est assimilée à ceux, ou plutôt à celles qui s’occupent du care.

7 M. Tari, Autonomie ! Italie les années 1970, La Fabrique, 2011, p. 138 (texte complet en anglais ici).

8 Si Engels a écrit : « Dans la famille, l’homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat » (L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, 1884, chap. II, § 4), il n’y a aucune raison de transformer en théorie ce qui n’était qu’une analogie, reprise de Flora Tristan : la femme « est le prolétaire du prolétaire » (Les Pérégrinations d’une paria, 1837).

9 Aux origines du capitalisme patriarcal…, op. cit.

10 S. James & Mariarosa Della Costa, The Power of Women & the Subversion of the Community, 1972. S. James, Sex, Race & Class, 1975 : « genre + classe + race », formule magique de la radicalité du 21e siècle, y était déjà exposée voici quarante ans. Ces deux auteurs sont des références majeures de Federici (p. 10), qui n’exprime aucune objection aux activités de S. James. Faut-il préciser que réformisme n’est pas pour nous une insulte, simplement un constat, et un constat nécessaire, sauf pour ceux qui considèrent la différence réforme/révolution comme une vieillerie.

11 Federici, Feminism & the Politics of the Commons, 2011.

12 Sans parler d’Engels pour qui la salarisation massive contiendrait en germe la fin de la hiérarchie sexuelle.

13 Comme le fait Bruno Astarian dans le premier chapitre de son Feuilleton sur la valeur.

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