{"id":514,"date":"2015-07-25T19:02:07","date_gmt":"2015-07-25T17:02:07","guid":{"rendered":"http:\/\/ddt21.noblogs.org\/?page_id=514"},"modified":"2015-10-09T08:18:55","modified_gmt":"2015-10-09T06:18:55","slug":"passage-des-etoilees","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/?page_id=514","title":{"rendered":"Passage des \u00e9toil\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><a href=\"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2015\/07\/0-Passage-des-\u00e9toil\u00e9es-Soho-1987.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-518\" src=\"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2015\/07\/0-Passage-des-\u00e9toil\u00e9es-Soho-1987-208x300.jpg\" alt=\"0 Passage des \u00e9toil\u00e9es, Soho 1987\" width=\"208\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2015\/07\/0-Passage-des-\u00e9toil\u00e9es-Soho-1987-208x300.jpg 208w, https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2015\/07\/0-Passage-des-\u00e9toil\u00e9es-Soho-1987-711x1024.jpg 711w, https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2015\/07\/0-Passage-des-\u00e9toil\u00e9es-Soho-1987.jpg 714w\" sizes=\"auto, (max-width: 208px) 100vw, 208px\" \/><\/a>Deux adolescentes ont v\u00e9cu pendant six semaines de l\u2019ann\u00e9e 1953 une aventure exceptionnelle qui ne saurait \u00eatre circonscrite dans les limites \u00e9troites d\u2019un vulgaire fait divers criminel. Pour se procurer des ressources, Anne-Marie R&#8230; (seize ans) et Emilienne G&#8230; (dix-sept-ans) avaient, le 18 d\u00e9cembre 1953, attaqu\u00e9 et bless\u00e9 une marchande de confection. <\/span><sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"> Comme, par une f\u00e2cheuse occurrence, le tiroir-caisse \u00e9tait vide, elle n\u2019emport\u00e8rent pour tout butin qu\u2019un costume tailleur et un manteau. Elles devaient se faire arr\u00eater trois jours plus tard au cours d\u2019une rafle \u00e0 Pigalle. Ayant pass\u00e9 deux ans \u00e0 la prison de Fresnes, les deux jeunes filles viennent de compara\u00eetre, le 22 novembre, devant la cour d\u2019assises des mineurs, qui si\u00e9gea \u00e0 huis clos. Anne-Marie et Emilienne furent condamn\u00e9es respectivement \u00e0 sept ans et cinq ans de r\u00e9clusion. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\">Anne-Marie et Emilienne se rencontr\u00e8rent dans une \u00ab\u00a0maison d\u2019\u00e9ducation surveill\u00e9e\u00a0\u00bb, l\u2019institution du Bon-Pasteur, \u00e0 Marseille, le 21 novembre 1952. Bient\u00f4t unies par une tr\u00e8s intime amiti\u00e9, elles d\u00e9cid\u00e8rent de s\u2019\u00e9vader pour vivre libres ensemble. Anne-Marie dit \u00e0 son amie\u00a0: \u00ab\u00a0Quoi qu\u2019ils arrive, nous nous retrouverons le <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>1<\/i><\/span><sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>er<\/i><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i> novembre 1953, \u00e0 minuit, devant l\u2019Ob\u00e9lisque de la Concorde<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">.\u00a0\u00bb Anne-Marie, qui pr\u00e9pare la premi\u00e8re partie du baccalaur\u00e9at, <\/span><sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"> r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019\u00e9chapper le soir de l\u2019oral et arrive \u00e0 Paris le 31 juillet 1953. Comme il lui faut subsister, elle reconna\u00eet vite les quartiers qui lui feront perdre et gagner sa vie. Dans le carnet vert qui lui tient lieu de journal, elle \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne saurais tr\u00e8s bien dire comment j\u2019ai pass\u00e9 ma premi\u00e8re semaine, toute seule dans la ville. Bien s\u00fbr, j\u2019ai couch\u00e9 avec un tas de types et j\u2019ai eu pas mal d\u2019aventures, mais ceci n\u2019est pas moi-m\u00eame. Ceci, c\u2019est la lutte pour la vie, <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>la mise \u00e0 profit de la b\u00eatise et de la bestiale sensualit\u00e9 des hommes<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">. En cela au moins, Paris ne diff\u00e8re pas des autres contr\u00e9es. Je ne voulus suivre personne pour qui je n\u2019eusse pas d\u2019int\u00e9r\u00eat. <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>Je voulais \u00eatre seule, pour me faire une impression toute personnelle et spontan\u00e9e de ce que je voyais<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">.\u00a0\u00bb <\/span><sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><\/sup><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\">A la date et \u00e0 l\u2019heure pr\u00e9vues, Emilienne se trouve au pied de l\u2019Ob\u00e9lisque. Elle s\u2018est enfuie de la maison d\u2019\u00e9ducation surveill\u00e9e de Han-sur-Seille (Meurthe-et-Moselle), o\u00f9 on l\u2019avait transf\u00e9r\u00e9e. Au bureau d\u2019un h\u00f4tel \u00e9l\u00e9gant de la rue Lauriston, Emilienne et Anne-Marie se sont inscrites sous des noms d\u2019emprunt. Le d\u00e9cor de leur vie d\u00e9sordonn\u00e9e et exaltante sera maintenant constitu\u00e9 par les h\u00f4tels sordides du boulevard S\u00e9bastopol, les couloirs blancs de Saint-Lazare, les \u00ab\u00a0cages\u00a0\u00bb des commissariats o\u00f9 \u00e9chouent les filles, les soirs de rafle, et dont elles peuvent se sortir sans mal gr\u00e2ce aux faux papiers qui les vieillissent. Les deux compagnes, qu\u2019on croirait voir issues toutes br\u00fblantes du cerveau de Sade, vont se plonger dans l\u2019avilissement, avec une rage d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Leur turpitude prend une forme intellectuelle, raffin\u00e9e <\/span><sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Georgia,serif\">\u00a0; elles fr\u00e9quentent les galeries d\u2019art et les biblioth\u00e8ques, lisent les \u0153uvres de Baudelaire et de Rimbaud. Jamais elles ne voudront s\u2019\u00e9tablir \u2013 comme cela arrive chez la plupart des oisifs \u2013 dans la s\u00e9curit\u00e9 mis\u00e9rable d\u2019une vulgarit\u00e9 o\u00f9 elles s\u2019abandonneraient aux contraintes monstrueuses et asphyxiantes de la \u00ab\u00a0vie pratique\u00a0\u00bb. Bien au contraire, face \u00e0 la passivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et \u00e0 une domestication qui r\u00e8gne aujourd\u2019hui dans la quasi-totalit\u00e9 de la jeunesse, Anne-Marie et Emilienne \u00e9chappent au \u00ab\u00a0vertige\u00a0\u00bb. Loin de chercher une \u00e9vasion dans le vice qui ne serait qu\u2019un nouvel asservissement, elles <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>d\u00e9sirent<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"> \u00eatre libres, \u00e9perdument. Cette libert\u00e9 extr\u00eame et<\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i> naturelle<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">, cette irr\u00e9v\u00e9rence envers toutes les opinions et usages conventionnels se manifestent chez les deux adolescentes par un penchant pour la farce, la plaisanterie dite \u00ab\u00a0de mauvais go\u00fbt\u00a0\u00bb et la mystification pouss\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019outrance. Le carnet vert d\u2019Anne-Marie relate avec un humour acerbe les circonstances de leurs distractions. Leurs exp\u00e9riences, leurs r\u00e9voltes, leurs d\u00e9go\u00fbts, leurs servitudes de filles de joie s\u2019y trouvent minutieusement consign\u00e9s. Par la subversion sans mesure qui \u00e9clate en gerbes d\u2019\u00e9tincelles cr\u00e9pitantes, ce \u00ab\u00a0signe de vie\u00a0\u00bb exemplaire semble, r\u00e9percut\u00e9 et assourdi, l\u2019\u00e9cho du plus t\u00e9n\u00e9breux et illuminant naufrageur de tous les si\u00e8cles, Lautr\u00e9amont\u00a0: \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>J\u2019ai fait un pacte avec la prostitution afin de semer le d\u00e9sordre dans les familles.\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">\u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\">La nuit, Anne-Marie et Emilienne sont aux Ternes, \u00e0 Pigalle, \u00e0 la Madeleine. Le jour, elles font de longues promenades au bord de la Seine, dans les squares, sur les places publiques, transfigurant la banalit\u00e9 quotidienne en merveilleux\u00a0: \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>Mardi 3 novembre\u00a0: sur les quais de la Seine, simulacre de noyade qui fait accourir deux sauveteurs improvis\u00e9s, jeunes \u00e9tudiants. Nous projetons de faire le mur du P\u00e8re-Lachaise pour d\u00e9valiser les macchab\u00e9es. Go\u00fbt de meurtre dans les Arcades de la rue de Rivoli\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">\u00bb (sans doute devant les boutiques\u00a0?). \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>5 novembre\u00a0: nous profitons de nos fonds pour lancer un appel t\u00e9l\u00e9phonique \u00e0 Marseille. Nous voulons seulement donner des cauchemars \u00e0 M\u00e8re X&#8230; de Sainte-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Avila. A Clichy, simulons une descente de police, chez les clodos roupillant dans une bouche de m\u00e9tro.\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">\u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\">Lors de la reconstitution de l\u2019agression, les deux \u00ab<\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>\u00a0ind\u00e9sirables\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">\u00bb gard\u00e8rent la m\u00eame attitude, magnifiques d\u2019orgueil et de cynisme. Au juge d\u2019instruction, Anne-Marie d\u00e9clara, imperturbable\u00a0: \u00ab\u00a0Je n\u2019ai pas encore eu le temps d\u2019avoir des remords, mais, si j\u2019en avais un jour, je ne manquerais pas de vous le faire savoir.\u00a0\u00bb La derni\u00e8re page du carnet a la forme d\u2019un constat\u00a0: \u00ab\u00a0Si nous r\u00e9capitulons, nous avons connu tout ce qui peut s\u2019appeler vivre\u00a0: \u00e9motions fortes, plaisirs, chance, argent, mis\u00e8re, peines, ennui. L\u00e0-dessus, tout le pittoresque, la beaut\u00e9 de notre double vie, cette \u00e2pre lutte pour le pain qui est basse \u00e0 nos yeux, et plus encore \u00e0 ceux du monde, pervers et incompr\u00e9hensif. Nous sommes deux et c\u2019est l\u00e0 le bonheur. Le bonheur se limite \u00e0 nous deux. Trente-trois ans \u00e0 nous deux et la libert\u00e9 essentielle tant d\u00e9sir\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\">Les \u00e9ducateurs sp\u00e9cialis\u00e9s de l\u2019enfance d\u00e9linquante et de ses probl\u00e8mes auront beau \u00ab\u00a0se pencher sur ce cas int\u00e9ressant\u00a0\u00bb, nous savons tous que la morale \u00e0 venir g\u00eet en puissance dans la d\u00e9pravation des m\u0153urs et que le premier v\u0153u du Surr\u00e9alisme, loin d\u2019\u00eatre assouvi, devient chaque jour plus d\u00e9vorant\u00a0: il faut<\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i> d\u00e9moraliser<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">. Par le d\u00e9fi lanc\u00e9 aux immenses supercheries d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en \u00ab\u00a0mati\u00e8re plastique\u00a0\u00bb, le pr\u00e9sent t\u00e9moignage se suffit \u00e0 lui-m\u00eame. A cette heure blafarde o\u00f9, les derni\u00e8res feuilles mortes finissant de tomber, les individus recroquevill\u00e9s comme des escargots s\u2019abandonnent d\u00e9j\u00e0 au sommeil hivernal, devrait-on rappeler une fois encore que la r\u00e9alit\u00e9 de notre monde en d\u00e9composition ne peut \u00eatre retrouv\u00e9e qu\u2019en la <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>recr\u00e9ant sans cesse \u00e0 notre mesure\u00a0?<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"> En ces deux figures de femmes \u00ab\u00a0perdues\u00a0\u00bb, dans leur sillage de lumi\u00e8re noire, se condense pour nous l\u2019image fulgurante des v\u00e9ritables aspirations de notre temps.<\/span><\/p>\n<p align=\"RIGHT\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><b>Jacques S\u00e9nelier, 20 novembre 1955.<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\">Article paru dans <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>Le Surr\u00e9alisme, m\u00eame<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">, n\u00b0\u00a01, octobre 1956.<\/span><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> <span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\"><i>France-Dimanche<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\"> n\u00b0383, du 27 d\u00e9cembre 1953\u00a0; <\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\"><i>Le Parisien Lib\u00e9r\u00e9<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\">, 19 et 22 d\u00e9cembre 1953, 22 et 23 novembre 1955\u00a0; <\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\"><i>France-Soir<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\">, 23 et 25 d\u00e9cembre 1953.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> <span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\">O\u00f9, pour comble de d\u00e9rision, elle sera re\u00e7ue quelques jours avant le proc\u00e8s, avec la mention \u00ab\u00a0Bien\u00a0\u00bb (cf. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\"><i>France-Dimanche<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\">, vers le 3 octobre).<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> <span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\">Plus tard, Anne-Marie expliquera l\u2019attraction qu\u2019exer\u00e7ait sur elle le \u00ab\u00a0milieu\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\"><i>le seul \u00e0 \u00eatre franc et vrai, donc juste\u00a0; j\u2019adore les hommes qu\u2019on y rencontre, tigres charmants, et les femmes gorg\u00e9es de sang et d\u2019alcool\u00a0<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\">\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> <span style=\"font-family: Georgia,serif\"><span style=\"font-size: small\">Anne-Marie \u00e9crit des po\u00e8mes \u00e9rotiques.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<h3 align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Georgia,serif\">Pr\u00e9cisions de Jos\u00e9 Pierre figurant dans <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>Tracts surr\u00e9alistes et d\u00e9clarations collectives<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">, Tome II, Le Terrain Vague, 1982\u00a0:<\/span><\/strong><\/h3>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\">Le pr\u00e9sent t\u00e9moignage se suffisant en effet \u00e0 lui-m\u00eame, quelques mots sur le destin de l\u2019une des deux adolescentes. \u00ab\u00a0Albertine\u00a0Damien \u00bb, n\u00e9e en 1937 de parents inconnus et adopt\u00e9e deux ans plus tard par un couple avec qui elle sera bient\u00f4t en conflit, devient l\u00e9galement \u00ab\u00a0Anne-Marie\u00a0R.\u00bb en 1941. Excellente \u00e9l\u00e8ve mais rebelle, elle vagabonde, chaparde, est enferm\u00e9e en maison de correction, s\u2019en \u00e9vade, m\u00e8ne avec Emilienne la vie d\u00e9linquante et errante d\u00e9crite dans le texte, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une agression lui vaille d\u2019\u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 7 ans de prison. Une fois encore elle s\u2019\u00e9vade, est recueillie par un petit voleur, Julien Sarrazin (1924-1991), lui aussi souvent emprisonn\u00e9, puis l\u2019un et l\u2019autre sont de nouveau arr\u00eat\u00e9s. En tout, \u00e0 eux deux, ils auront pass\u00e9 plus de vingt-cinq ans en prison. Entre 1965 et 1966, elle qui a toujours beaucoup \u00e9crit publie sous le nom d\u2019<a href=\"http:\/\/astragaleetcavale.free.fr\/bibliographie.htm\"><strong>Albertine Sarrazin<\/strong><\/a> trois romans tr\u00e8s autobiographiques, <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>L\u2019Astragale<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">, <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>La Cavale<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"> et <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>La Traversi\u00e8re<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">, appr\u00e9ci\u00e9s de la critique comme du public. Elle meurt en 1967 lors d\u2019une op\u00e9ration, victime de n\u00e9gligences m\u00e9dicales. On peut aussi lire d\u2019elle des lettres, des po\u00e8mes et un <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>Journal de prison<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">. En 1975, dans <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>Contrescarpe<\/i><\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\">, Julien Sarrazin a racont\u00e9 sa jeunesse, sa vie et sa rencontre avec Albertine. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Georgia,serif\">J. S\u00e9nelier (1938-71) semble avoir peu publi\u00e9 en compagnie des surr\u00e9alistes, mais particip\u00e9 entre autres \u00e0 la revue <\/span><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><i>Ailleurs<\/i><\/span><\/strong><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><strong> (1963-66).<\/strong> <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Georgia,serif\"><strong>Ce texte, comme l&rsquo;ensemble des documents figurant dans les deux tomes de <i>Tracts surr\u00e9alistes et d\u00e9clarations collectives<\/i>, est \u00e9galement disponible sur le site <a href=\"http:\/\/melusine-surrealisme.fr\/site\/Tracts_surr_2009\/Tracts_surrealistes_Menu_2009.htm\">melusine-surrealisme.fr<\/a><\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux adolescentes ont v\u00e9cu pendant six semaines de l\u2019ann\u00e9e 1953 une aventure exceptionnelle qui ne saurait \u00eatre circonscrite dans les limites \u00e9troites d\u2019un vulgaire fait divers criminel. Pour se procurer des ressources, Anne-Marie R&#8230; (seize ans) et Emilienne G&#8230; (dix-sept-ans) &hellip; <a href=\"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/?page_id=514\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8284,"featured_media":0,"parent":584,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-514","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8284"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=514"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/514\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":520,"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/514\/revisions\/520"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/584"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}