{"id":309,"date":"2014-12-29T10:51:09","date_gmt":"2014-12-29T09:51:09","guid":{"rendered":"http:\/\/ddt21.noblogs.org\/?page_id=309"},"modified":"2014-12-29T10:51:09","modified_gmt":"2014-12-29T09:51:09","slug":"eloge-du-zombie-world-war-z","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/?page_id=309","title":{"rendered":"Eloge du zombie  (World War Z)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;padding-left: 90px\">\n<p style=\"text-align: right;padding-left: 90px\"><strong>\u00a0<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0 <em>Nous avons \u00e0 souffrir non seulement de la part des vivants,<br \/>\nmais encore de la part des morts. Le mort saisit le vif !<\/em>\u00a0\u00bb<br \/>\n(<em>Le Capital<\/em>, pr\u00e9face de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition, 1867)<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0 <\/strong> <a href=\"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2014\/12\/DDT21.WWZ_.-Leningrad-1937.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-310 size-medium\" src=\"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2014\/12\/DDT21.WWZ_.-Leningrad-1937-300x215.jpeg\" alt=\"DDT21.WWZ. Leningrad, 1937\" width=\"300\" height=\"215\" srcset=\"https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2014\/12\/DDT21.WWZ_.-Leningrad-1937-300x215.jpeg 300w, https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2014\/12\/DDT21.WWZ_.-Leningrad-1937-1024x735.jpeg 1024w, https:\/\/ddt21.noblogs.org\/files\/2014\/12\/DDT21.WWZ_.-Leningrad-1937.jpeg 1181w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>A Mellila, enclave espagnole sur la c\u00f4te marocaine. Pour franchir deux barri\u00e8res de 6 m gard\u00e9e par des soldats et des policiers, une masse d\u2019hommes et de femmes courent p\u00eale-m\u00eale, attachant parfois des crochets \u00e0 leurs poignets et des vis \u00e0 leurs chaussures pour mieux s\u2019accrocher. \u00ab\u00a0<em>La plupart des personnes interrog\u00e9es disent \u00eatre mont\u00e9es les unes sur les autres pour r\u00e9ussir \u00e0 passer<\/em>.\u00a0\u00bb Un jour ils \u00e9taient 2.000, submergeant les d\u00e9fenseurs, pourtant la plupart \u00e9chouent, et recommencent.<\/p>\n<p>A J\u00e9rusalem, dans la vieille ville. Sous protection militaire, \u00e0 l\u2019abri d\u2019un mur haut de 20 m, juifs, musulmans et chr\u00e9tiens chantent des hymnes. A l\u2019ext\u00e9rieur, des milliers d\u2019\u00eatres en furie escaladent la muraille, retombent, repartent \u00e0 l\u2019assaut, mais \u00e0 force de grimper sur les corps entass\u00e9s, quelques-uns atteignent le sommet, d\u2019autres suivent, l\u2019enceinte est envahie, les soldats d\u00e9bord\u00e9s, un massacre commence.<\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements de Mellila ne sont que trop r\u00e9els. <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> Chaque jour, des milliers d\u2019Africains risquent leur vie pour \u00e9migrer en Europe. De toutes les photos, la plus forte peut-\u00eatre montre, au loin, des hommes en \u00e9quilibre p\u00e9rilleux au sommet de la barri\u00e8re m\u00e9tallique, pr\u00eats \u00e0 retomber du \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb c\u00f4t\u00e9, tandis qu\u2019au premier plan, sur une verte pelouse, deux personnes jouent paisiblement au golf.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne de J\u00e9rusalem est extraite du film<em> World War Z<\/em> (2013), inspir\u00e9 du roman de Max Brooks, <em>World War Z, Une histoire orale de la Guerre des zombies <\/em>(2006), r\u00e9cit post-apocalyptique o\u00f9 les zombies ayant envahi presque tout le globe, il s\u2019agit autant d\u2019organiser la survie que de les an\u00e9antir.<\/p>\n<p>R\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas fiction, et les immigr\u00e9s ne sont pas des zombies. Pourtant tous les Etats (y compris ceux que les migrants essayent de fuir, ici le Maroc) traitent ces prol\u00e9taires comme des \u00eatres en trop, des nuisibles, presque hors-humanit\u00e9, des monstres&#8230; des zombies.<\/p>\n<p>L\u2019essentiel du livre est absent du film, et nous nous int\u00e9resserons surtout au roman, compos\u00e9 d\u2019entretiens recueillis 12 ans apr\u00e8s la fin de la guerre mondiale anti-zombies.<\/p>\n<p>Dans <em>WWZ<\/em>, ce qui menace l\u2019humanit\u00e9 est tr\u00e8s diff\u00e9rent d\u2019une catastrophe naturelle (m\u00e9t\u00e9orite g\u00e9ante) ou d\u2019un danger ext\u00e9rieur (invasion extra-terrestre)\u00a0: la menace vient ici de l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019esp\u00e8ce humaine.<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0 \u00a0WWZ<\/em> condense nombre de peurs contemporaines&#8230; et propose des solutions.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le tableau des peurs<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quand la famille cesse d\u2019\u00eatre un lieu a priori rassurant, quand quelques instants suffisent pour faire de votre propre p\u00e8re un \u00e9tranger vou\u00e9 \u00e0 vous agresser, chacun peut muter en ennemi qui vous transforme \u00e0 votre tour en ennemi. Est-ce la peur (ou la haine) de l\u2019autre qui domine, ou plut\u00f4t la peur de soi, de devenir autre, de se perdre ?<\/p>\n<p>En ne donnant aucune explication scientifique\u00a0\u00e0 la pand\u00e9mie, le livre en rend tout et personne responsable. Seule certitude, le premier foyer\u00a0a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 en Asie\u00a0(retour du <em>p\u00e9ril jaune<\/em>\u00a0?).<\/p>\n<p>Les \u00eatres infect\u00e9s ont perdu figure humaine. De la bouche sort une bave mais aucune parole, on ne voit que des dents qui servent d\u2019arme. Ces cr\u00e9atures anim\u00e9es d\u2019une pulsion destructrice refl\u00e8tent l\u2019image qu\u2019un bourgeois se fait des sous-prol\u00e9taires de l\u2019<em>underclass<\/em>, brutes avin\u00e9es, des animaux (on pense \u00e0 Zola et aux ouvri\u00e8res-<em>femelles<\/em>)\u00a0: la peur de la zombification est aussi une peur du d\u00e9classement. Les classes dirigeantes ont toujours fantasm\u00e9 la grande r\u00e9volte des pauvres comme une d\u00e9mence ensauvag\u00e9e, une \u00e9pid\u00e9mie. Les communards\u00a0? des \u00ab\u00a0<em>chiens enrag\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e9crivait Flaubert. <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Cette contagion, rien ne l\u2019arr\u00eate. Le \u00ab\u00a011 Septembre\u00a0\u00bb avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de quoi est capable un banal avion de ligne. Ici, le Boeing qui en quelques heures transportait le touriste sous les tropiques lui rapporte en \u00e9change \u00e0 domicile un p\u00e9ril\u00a0mortel. Les instruments de la mondialisation se retournent contre la civilisation.<\/p>\n<p>M\u00eame les miracles de la m\u00e9decine sont impuissants. Non seulement les laboratoires \u00e9chouent \u00e0 trouver un rem\u00e8de, mais un industriel fait fortune en vendant un vaccin qu\u2019il sait inop\u00e9rant. On ne peut plus faire confiance \u00e0 la science. Si l\u2019origine du mal reste myst\u00e9rieuse, sa propagation s\u2019expliquerait par la profusion de greffes et les trafics d\u2019organes. Comme s\u2019il fallait punir l\u2019humanit\u00e9 de ses exc\u00e8s, de sa d\u00e9mesure technologique, notamment m\u00e9dicale, de la marchandisation de corps d\u00e9j\u00e0 d\u00e9shumanis\u00e9s.<\/p>\n<p>Pire, en disloquant la vie sociale, la prolif\u00e9ration des zombies provoque une gigantesque panne d\u00e9mocratique\u00a0: qui d\u00e9cide\u00a0? La guerre totale ne laisse gu\u00e8re de r\u00f4le au parlement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019apartheid comme salut du genre humain<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pid\u00e9mie multiplie les maisons-bunkers, successeurs des <em>gated communities <\/em>pour riches. Mais les zombies sont plus tenaces que les pauvres. Le repli sur sa famille, son village ou sa r\u00e9gion (comme aujourd\u2019hui les tentatives pour cr\u00e9er une Flandre, une Catalogne ou une Ecosse autonome), le mur anti-zombies n\u2019est viable qu\u2019organis\u00e9 par un pouvoir politique qui s\u2019en donne les moyens.<\/p>\n<p>Mieux que la d\u00e9mocratie parlementaire, selon <em>WWZ<\/em>, c\u2019est un Etat ayant l\u2019exp\u00e9rience de vivre en forteresse assi\u00e9g\u00e9e et de faire largement usage de la force, qui saura le mieux r\u00e9agir contre les zombies. Les d\u00e9mocrates savent\u00a0tirer des r\u00e9gimes autoritaires, sinon racistes, les le\u00e7ons qui s\u2019imposent.<\/p>\n<p>En Afrique du Sud, dans les ann\u00e9es\u00a01980, face au progr\u00e8s du mouvement noir, aurait \u00e9t\u00e9 con\u00e7u un <em>Plan Orange<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>imaginez<\/em>\u00a0\u00bb, disait Redeker, son inventeur, \u00ab\u00a0 <em>ce qui pourrait \u00eatre accompli si seulement la race humaine se d\u00e9pouillait de son humanit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb Il s\u2019agissait en effet de constituer un r\u00e9duit o\u00f9 survivrait une minorit\u00e9 d\u2019Afrikaners&#8230; au prix du sacrifice de beaucoup d\u2019autres\u00a0: ainsi seraient <em>\u00ab\u00a0\u00a0pr\u00e9serv\u00e9es la l\u00e9gitimit\u00e9 et la stabilit\u00e9 du gouvernement<\/em>\u00a0\u00bb. L\u2019hostilit\u00e9 des milieux afrikaners et le compromis mettant fin \u00e0 l\u2019apartheid ont rendu le projet caduc mais, jamais appliqu\u00e9 contre les Noirs, il s\u2019av\u00e8re utile contre les zombies. D\u00e9but 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ce plan imaginaire visant \u00e0 abandonner des territoires et populations au chaos pour se replier sur des zones prot\u00e9g\u00e9es \u00e9voque irr\u00e9sistiblement l\u2019Europe-forteresse et les p\u00e9riph\u00e9ries d\u00e9laiss\u00e9es \u00e0 la mis\u00e8re et au d\u00e9sordre\u00a0: Somalie, Libye, Irak&#8230;<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, fort de son exp\u00e9rience en mati\u00e8re de mur anti-Palestiniens, Isra\u00ebl se constitue en camp retranch\u00e9, offrant l\u2019asile aux Juifs comme aux Palestiniens originaires des territoires occup\u00e9s, \u00e0 condition qu\u2019ils soient sains (les Juifs infect\u00e9s sont impitoyablement rejet\u00e9s). Il fallait un ennemi commun mortel pour qu\u2019advienne enfin la r\u00e9conciliation jud\u00e9o-arabe&#8230; sans doute ce qu\u2019il y a de moins cr\u00e9dible dans le livre. <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n<p>D\u2019autres villes et quartiers, et m\u00eame Buckingham Palace, se transforment ainsi en forteresses.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un New Deal autoritaire, solidaire et \u00e9cologique\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une fois \u00e0 l\u2019abri, encore faut-il survivre, supprimer le superflu pour garder le fondamental, c\u2019est-\u00e0-dire pour Max Brooks l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat, l\u2019argent et le salariat\u00a0: c\u2019est des Etats-Unis que vient la r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>La comparaison avec le <em>New Deal<\/em> est explicite dans le roman. L\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral prend des mesures d\u2019inspiration \u00ab\u00a0marxiste\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0collectiviste\u00a0\u00bb, non sans rencontrer des r\u00e9sistances comme autrefois Roosevelt. Un Minist\u00e8re des Ressources Strat\u00e9giques coordonne l\u2019\u00e9conomie pour la transformer\u00a0: cette guerre de type nouveau exige des qualifications pratiques, mat\u00e9rielles et une r\u00e9-industrialisation s\u00e9lective. M\u00eame non qualifi\u00e9, le travail manuel est un bien pr\u00e9cieux. L\u2019ouvrier retrouve une reconnaissance. Production et productivit\u00e9 subissant un red\u00e9ploiement complet, r\u00e9flexes de classe et pr\u00e9jug\u00e9s de race, auparavant \u00ab\u00a0naturels\u00a0\u00bb mais d\u00e9sormais contre-productifs, passent pour artificiels\u00a0: savoir finaliser un plan financier devient futile compar\u00e9 \u00e0 r\u00e9parer les toilettes. L\u2019ex-producteur de disques est maintenant un ramoneur heureux. Le prof de fac apprend \u00e0 changer un carreau cass\u00e9.<\/p>\n<p>65% de la population ayant un \u00ab\u00a0<em>potentiel nul<\/em>\u00a0\u00bb, une nouvelle gestion de la main-d\u2019\u0153uvre s\u2019impose, gr\u00e2ce \u00e0 un vaste programme de formation et une p\u00e9dagogie mutualis\u00e9e : ceux qui savent jardiner ou bricoler enseignent aux autres.<\/p>\n<p>Les restrictions de production et de consommation obligent \u00e0 une simplicit\u00e9 heureuse. Les citoyens doivent \u00ab\u00a0<em>se d\u00e9tacher de leurs habitudes de confort\u00a0<\/em>\u00bb. Comme y invite le <em>Guide de survie<\/em> abord\u00e9 plus loin, \u00ab\u00a0Apprenez \u00e0 vous passer du luxe inutile. Bon nombre d\u2019entre nous r\u00eavent d\u2019un r\u00e9gime plus strict\u00a0\u00bb. R\u00eave r\u00e9alis\u00e9 quand la fermeture des fronti\u00e8res interrompt la mondialisation\u00a0et sonne la fin de la boisson gazeuse aux \u00e9tapes successives de fabrication sur 9 pays et 3 continents. Le recyclage est syst\u00e9matique, la r\u00e9paration encourag\u00e9e, de pr\u00e9f\u00e9rence conviviale, par exemple celle des bicyclettes. A d\u00e9sordre global, solutions locales\u00a0: un Programme d\u2019Autosuffisance Communautaire incite les groupes locaux \u00e0 compter sur leurs propres ressources. Ce que les \u00e9colos recommandaient en vain, la sobri\u00e9t\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique forc\u00e9e l\u2019ordonne\u00a0: l\u2019Etasusien d\u00e9couvre ses pieds, et gr\u00e2ce \u00e0 eux la densit\u00e9 du temps\u00a0: une heure de voiture devient une journ\u00e9e de marche.<\/p>\n<p>M\u00eame la justice \u00e9volue. Au d\u00e9but, la mise au pilori des d\u00e9viants choque, puis l\u2019opinion comprend que les d\u00e9lits seront moindres (et moindre aussi le ch\u00e2timent) s\u2019ils sont trait\u00e9s en public. Quand justice n\u2019est plus rendue par des sp\u00e9cialistes mais par le groupe, il y a (re)constitution d\u2019une communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Donc, rien moins qu\u2019une transition \u00e9cologico-sociale\u00a0: une d\u00e9croissance&#8230; forc\u00e9e, mais \u00e0 qui oserait parler de <em>dictature<\/em>, Max Brooks r\u00e9torquerait que ce n\u00e9o-New Deal repose sur une participation citoyenne.<\/p>\n<p>Les Etats-Unis l\u2019emportent parce qu\u2019ils ont instaur\u00e9 la domination bienveillante d\u2019experts appuy\u00e9s sur le peuple, et parce qu\u2019\u00e0 travers la guerre les affaires continuent\u00a0: la prise en charge de l\u2019\u00e9conomie par l\u2019Etat garantit la perp\u00e9tuation de l\u2019entreprise, du salariat, du profit, des classes&#8230;<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9opolitique anti-zombie<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le reste du monde suit des chemins vari\u00e9s, parfois inattendus.<\/p>\n<p>A Cuba, ce n\u2019est pas la mer qui isole l\u2019\u00eele\u00a0: les zombies nagent mieux que des poissons et l\u2019Irlande a le privil\u00e8ge d\u2019\u00eatre le lieu le plus \u00ab\u00a0infest\u00e9\u00a0\u00bb de la Terre. C\u2019est son r\u00e9gime dictatorial qui sauve Cuba. Un atout\u00a0\u00e9conomique, qui plus est: le territoire \u00e9tant s\u00fbr, on y fabrique en masse des armements anti-zombies export\u00e9s dans le monde entier, et l\u2019\u00eele devient \u00ab\u00a0l\u2019arsenal de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb (comme les Etats-Unis <em>l\u2019arsenal de la d\u00e9mocratie<\/em> en 39-45). Le capital n\u2019a aucun probl\u00e8me \u00e0 s\u2019investir dans une usine d\u2019armes \u00e0 Cuba si le Texas est infest\u00e9 de zombies\u00a0: la bourgeoisie a l\u2019habitude des d\u00e9localisations.<\/p>\n<p>Cette prosp\u00e9rit\u00e9 incite 5 millions d\u2019Etasuniens \u00e0 prendre la mer, nouveaux <em>boat people<\/em> en qu\u00eate de s\u00e9curit\u00e9 et de travail. Les Cubains commencent par les parquer dans des camps. Puis 10% de ces migrants sont embauch\u00e9s comme plongeurs, \u00e9boueurs ou dans d\u2019autres emplois subalternes que les Cubains refusent. Peu \u00e0 peu, les Yankees s\u2019int\u00e8grent. Chamboul\u00e9e par un essor qui pousse au lib\u00e9ralisme, Cuba \u00e9volue, une vie politique rena\u00eet, des gr\u00e8ves, des \u00e9meutes, signe que l\u2019autoritarisme \u00e9tait plus propice aux affaires.<\/p>\n<p>Sur la derni\u00e8re dictature \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb existante, la Cor\u00e9e du Nord, le silence est total. On devine qu\u2019elle a r\u00e9sist\u00e9 mieux que tout autre pays, prot\u00e9g\u00e9e par un isolement g\u00e9ographique due \u00e0 la zone d\u00e9militaris\u00e9e. Rien ne vaut un pays coup\u00e9 du monde. Surtout en comparaison de la Cor\u00e9e du Sud, ravag\u00e9e par le trouble et l\u2019agitation qui pour <em>WWZ <\/em>accompagnent in\u00e9vitablement l\u2019individualisme d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>La guerre anti-zombies tranche le d\u00e9bat r\u00e9current sur l\u2019av\u00e8nement de la Chine au rang de 1<sup>\u00e8re<\/sup> puissance mondiale. Non, r\u00e9pond <em>WWZ<\/em>. Incapable ou peu d\u00e9sireuse d\u2019appliquer chez elle une version du plan Redeker, la Chine sort de la guerre trop affaiblie \u00e9conomiquement et politiquement pour disputer le leadership aux Etats-Unis. Quant \u00e0 la Russie (d\u00e9sormais le <em>Saint Empire Russe<\/em>), elle aussi demeure raval\u00e9e \u00e0 un rang de puissance r\u00e9gionale, occup\u00e9e \u00e0 tenter de r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019Ukraine&#8230;<\/p>\n<p>Au terme de la guerre, sur 200 millions de zombies, il en resterait 20 \u00e0 30\u00a0millions de par le monde. Ils r\u00e9sistent \u00e0 tout. Ni morts ni vivants, vieillir n\u2019a pas de r\u00e9alit\u00e9 pour eux. On ne les \u00e9limine qu\u2019en d\u00e9truisant leur cerveau ou les mettant en morceaux. La glace les paralyse, le d\u00e9gel les ranime, et les parents recommandent aux enfants d\u2019\u00e9viter de jouer trop pr\u00e8s du lac. Le roman s\u2019ach\u00e8ve sur une coexistence forc\u00e9e et une menace contenue mais probablement infinie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le capitalisme et l\u2019utopie de sa survie<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comme beaucoup de r\u00e9cits de science-fiction, <em>WWZ<\/em> offre une panoplie des probl\u00e8mes d\u2019une \u00e9poque tels qu\u2019ils sont per\u00e7us par l\u2019opinion dominante, du moins celle qui se veut \u00e9clair\u00e9e. Il nous apprend peu sur ce qu\u2019est le monde, davantage sur ce que le monde craint et esp\u00e8re.<\/p>\n<p>En cas de catastrophe, rien ne vaut l\u2019Etat\u00a0: voil\u00e0 la le\u00e7on de Max Brooks. S\u2019il mentionne bien des collectivisations harmonieuses men\u00e9es par des citoyens libertaires, la solution qui a sa pr\u00e9f\u00e9rence passe par l\u2019Etat, l\u2019arm\u00e9e, la hi\u00e9rarchie, l\u2019autorit\u00e9, l\u2019ONU, l\u2019OMS, adoucis d\u2019un brin d\u2019autogestion temporaire. <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>\u00a0Il lui est plus facile de concevoir une invasion de zombies que l\u2019auto-organisation d\u2019\u00eatres humains refusant le retour de l\u2019Etat. Pour Max Brooks, ma\u00eetriser l\u2019\u00e9pid\u00e9mie signifie d\u2019abord ma\u00eetriser la population, par les armes si n\u00e9cessaire. Le roman \u00e9voque des \u00ab\u00a0<em>humains sauvages<\/em>\u00a0\u00bb que les militaires ont parfois du mal \u00e0 raisonner. Sinon ce ne sont que des \u00ab\u00a0<em>rebelles organis\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb. Et si \u00ab\u00a0un monde sans argent\u00a0\u00bb pointe le nez, il se limite au troc dans les archipels du Pacifique. Le livre comporte quelques interviews d\u2019individus relativement marginaux mais toujours raisonnables\u00a0: on n\u2019y lira pas un entretien avec un ancien squatter montreuillois ayant lutt\u00e9 contre les zombies puis contre les troupes d\u2019occupation de l\u2019OTAN, et qui aujourd\u2019hui croupit dans une prison des Kerguelen.<\/p>\n<p>Dans un livre parall\u00e8le, le <em>Guide de survie en territoire zombie<\/em>, <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> Max Brooks explicite le contenu politique laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat de \u00ab\u00a0sous-texte\u00a0\u00bb dans <em>WWZ<\/em>. L\u2019invasion zombie provoquera la \u00ab\u00a0<em>disparition de la loi et l\u2019ordre<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0<em>les ultimes vestiges de la police et de l\u2019arm\u00e9e<\/em> [&#8230;] <em>d\u00e9serteront en masse pour sauver leurs familles et deviendront \u00e0 leur tour des bandits<\/em>.\u00a0\u00bb. Car, moins que de \u00ab\u00a0<em>rebelles organis\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb, il s\u2019agit de \u00ab\u00a0<em>pillards<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ces barbares des temps modernes ne se d\u00e9finiront que par l\u2019irrespect de la loi, la haine de l\u2019organisation<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>un mode de vie nihiliste et parasitaire\u00a0<\/em>\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0<em>leur sens naturel de l\u2019anarchie les poussera in\u00e9vitablement \u00e0 se battre les uns contre les autres<\/em>\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 ceux qui ne s\u2019adonneront pas \u00e0 la violence, ils s\u2019an\u00e9antiront dans le sexe : \u00ab\u00a0<em>La mort d\u2019une civilisation s\u2019accompagne g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une derni\u00e8re et gigantesque f\u00eate. Aussi pervers que \u00e7a paraisse, des gens croyant vivre leurs derniers instants se livrent \u00e0 de v\u00e9ritables orgies<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le romancier se croit le cerveau fertile mais manque d\u2019intelligence th\u00e9orique. Il est faux que toute catastrophe brise le lien social et lib\u00e8re le pire chez vous et moi. Etudiant les r\u00e9actions devant un ensemble de d\u00e9sastres au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Katrina inclus, Barbara Solnit montre que souvent les calamit\u00e9s interrompent l\u2019\u00e9go\u00efsme \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb et engendrent des pratiques d\u2019entraide et de solidarit\u00e9. <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> R\u00e9alit\u00e9s qui \u00e9chappent \u00e0 Max Brooks, dont l\u2019humour v\u00e9hicule le conformisme le plus banal. Sans ang\u00e9lisme, on nous permettra de croire \u00e0 d\u2019autres alternatives que le choix entre la Garde Nationale et une barbarie \u00e0 la Mad Max.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tout est permis contre les ennemis du genre humain\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>Personne ne croit s\u00e9rieusement aux zombies. Chacun sait ce qu\u2019ils repr\u00e9sentent\u00a0: l\u2019image d\u2019une possible catastrophe universelle. <em>WWZ<\/em> n\u2019est pas un roman <em>gore<\/em>, mais un livre politique (bio-politique, dirait un foucaldien). Un \u00e9cologiste y verrait une m\u00e9taphore de la menace de destruction de la plan\u00e8te sous l\u2019action de l\u2019esp\u00e8ce humaine.<\/p>\n<p>Que faire quand l\u2019humanit\u00e9 court le risque de dispara\u00eetre\u00a0?<\/p>\n<p>Si le plan Orange est <em>uchronique<\/em>, il ne rel\u00e8ve pas totalement de la fiction. Mis \u00e0 part le sacrifice d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 d\u2019une partie de la population, ce genre de projet a sa place dans les fantasmes d\u2019ultra-droite.<\/p>\n<p>La d\u00e9mocratie, c\u2019est bien connu, se d\u00e9finit par son rejet de l\u2019extr\u00e9misme. Mais si l\u2019humanit\u00e9 m\u00eame est menac\u00e9e, les d\u00e9mocrates ne se privent d\u2019aucun moyen, m\u00eame dictatorial, m\u00eame extr\u00eame, m\u00eame \u00ab\u00a0inhumain\u00a0\u00bb. La question de la fin et des moyens\u00a0est \u00e0 peine effleur\u00e9e dans le livre. <a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> Les m\u00e9thodes les plus ignobles sont-elles justifi\u00e9es contre le mal absolu incarn\u00e9 par les zombies\u00a0? (Ou par Hitler\u00a0? Par Staline\u00a0? Par les terroristes poseurs de bombes\u00a0? Par les islamistes assassins d\u2019enfants\u00a0?&#8230;)<\/p>\n<p>Dans ce drame, les zombies sont-ils vraiment les pires ?<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Zombie et prol\u00e9taire \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Versailles est en cendres et deux pays au moins ont subi des attaques\u00a0nucl\u00e9aires: on se sort pas indemne d\u2019une guerre mondiale anti-zombies.<\/p>\n<p>La bonne nouvelle, pour Max Brooks, c\u2019est que l\u2019humanit\u00e9 (entendez, sa partie civilis\u00e9e, l\u2019Occident, les Etasuniens \u00e0 sa t\u00eate) a su enfin s\u2019unir pour survivre. <a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a> L\u2019existence s\u2019annonce plus raisonnable, plus locale, plus solidaire, plus attentive \u00e0 l\u2019environnement.<\/p>\n<p>H\u00e9las, avertit l\u2019auteur, la paix nous rend \u00e9go\u00efstes, individualistes, consommateurs extravagants. M\u00eame une apocalypse a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 nous am\u00e9liorer. Les hommes n\u2019apprennent rien. A moins qu\u2019une autre bonne grande guerre&#8230;<\/p>\n<p>Laissons Max Brooks \u00e0 son triste moralisme.<\/p>\n<p>Comme souvent, le vrai h\u00e9ros de l\u2019histoire, c\u2019est le m\u00e9chant, le perdant.<\/p>\n<p>Le zombie vient de l\u2019humain. Il a perdu, ou on lui a enlev\u00e9 son humanit\u00e9. N\u00e9gatif absolu de cette soci\u00e9t\u00e9, il n\u2019est que pure n\u00e9gation. Il est le prol\u00e9taire tel que le bourgeois d\u2019antan l\u2019hallucinait, brute capable seulement d\u2019ob\u00e9ir, sinon d\u2019ensevelir la civilisation. L\u2019ange noir d\u2019une r\u00e9volte aveugle qui n\u2019\u00e9pargnera rien, pas m\u00eame ses auteurs. <a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> Mais ce qui \u00e9pouvantait Flaubert, nos contemporains le mettent en spectacle. S\u2019ils se complaisent dans l\u2019image du zombie, c\u2019est qu\u2019ils ont du mal \u00e0 imaginer que le monde actuel produise autre chose que son autodestruction.<\/p>\n<p>L\u2019apocalypse passera de mode quand la r\u00e9volution semblera \u00e0 notre port\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>\u00a0G. D. <em>&amp;<\/em> T. L. <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <em>International<\/em> <em>New York Times<\/em>, 24 juillet 2014.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Lettre \u00e0 E. Feydeau, 29 juin 1871.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> En d\u00e9crivant la prise de J\u00e9rusalem par les zombies (dans la sc\u00e8ne spectaculaire r\u00e9sum\u00e9e au d\u00e9but de notre texte), le film s\u2019\u00e9carte du livre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Si la reconstitution de l\u2019\u00c9tat est \u00e9videmment un soulagement pour les dominants, elle peut aussi appara\u00eetre comme un espoir pour les domin\u00e9s. Dans l\u2019univers post-apocalyptique du <em>Facteur <\/em>de David Brin (roman de 1985, adapt\u00e9 au cin\u00e9ma en 1997), c\u2019est en se faisant passer pour l\u2019\u00e9missaire d\u2019un imaginaire \u00c9tat en reformation, que\u00a0 le h\u00e9ros redonne l\u2019esp\u00e9rance \u00e0 des communaut\u00e9s aux prises avec des potentats locaux. Ajoutons qu\u2019une situation catastrophique n\u2019est pas forc\u00e9ment la plus favorable \u00e0 l\u2019instauration d\u2019un monde meilleur. Le pouvoir central s\u2019est en partie ou totalement d\u00e9compos\u00e9 en Libye, au Y\u00e9men, en Irak, en Syrie ou en Centrafrique, sans qu\u2019en sorte un mouvement social \u00e9mancipateur. L\u2019Etat peut se contracter, abandonner des territoires intenables et ing\u00e9rables, mais s\u2019il n\u2019est pas d\u00e9truit il reviendra un jour et s\u2019\u00e9tendra \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Publi\u00e9 aux \u00c9tats-Unis en 2003 (Calmann-L\u00e9vy, 2009).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> <em>A Paradise Built in Hell\u00a0: the Extraordinary Communities That Arise in Disaster<\/em>, 2009. La limite de B. Solnit est de regretter qu\u2019ensuite se tarissent ces sources de libert\u00e9 et de communaut\u00e9. Pourtant, \u00ab\u00a0le retour \u00e0 la normale\u00a0\u00bb signifie forc\u00e9ment la renaissance de la division sociale, des int\u00e9r\u00eats de classe, de la puissance de l\u2019\u00c9tat, etc.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Il arrive quand m\u00eame \u00e0 Max Brooks de se demander jusqu\u2019o\u00f9 on peut aller pour arr\u00eater les zombies\u00a0: des soldats russes refusent d\u2019ob\u00e9ir \u00e0 certains ordres.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> En 1985, Reagan rapportait une conversation avec Gorbatchev\u00a0o\u00f9 il lui aurait dit \u00ab\u00a0<em>combien sa t\u00e2che et la<\/em> [sienne] <em>seraient plus faciles si notre monde \u00e9tait soudain menac\u00e9 par une autre esp\u00e8ce\u00a0<\/em>\u00bb (le <em>Star<\/em>, journal du Nebraska, 5 d\u00e9cembre 1985).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Au cin\u00e9ma, il n\u2019est pas rare que le zombie incarne une vengeance contre des exploiteurs, par exemple contre un promoteur immobilier dans <em>La Nuit<\/em><em> fantastique des morts-vivants<\/em> (1977), film d\u2019ailleurs d\u00e9nu\u00e9 de critique sociale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0 Nous avons \u00e0 souffrir non seulement de la part des vivants, mais encore de la part des morts. 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